Le Télégramme, “Le plastique, c’est dramatique”

Extrait de l’article :

« Trois polluants en un ! »

 

Outre les traits de filets et les collectes sur les berges, des nasses contenant des moules – excellents bio-indicateurs qui filtrent jusqu’à 25 litres d’eau par jour – et des plastiques non polluants, ont aussi été immergées. « Au bout d’un mois, les plastiques étaient devenus toxiques. Le plastique est une éponge à polluants et une éponge à bactéries. Au lieu d’un seul polluant, il y en a trois ! », peste Leïla Meistertzheim, biologiste marine.

Reste à analyser ces « pièces à conviction » pour remonter à l’origine de la pollution et évaluer son impact sur le milieu marin. Un à deux ans de recherche visant à exploiter la « plastiphère » (les micro-organismes qui colonisent les plastiques, NDLR) à travers l’extraction de plus de six milliards de séquences ADN. « La science prend du temps mais est indispensable pour comprendre, prédire, éclairer et orienter les mesures à prendre. Les solutions contre cette hémorragie sont définitivement à terre », martèle Romain Troublé.


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“Quelles premières conclusions peut-on tirer de cette vaste récolte d’échantillons dans neuf fleuves d’Europe ?

La première observation, c’est que le plastique est omniprésent dans tous les fleuves où nous avons fait escale avec la goélette Tara. En fait, 100 % de nos 2 700 échantillons, tous collectés selon le même protocole dans nos 45 stations de prélèvement d’eau, contiennent des microplastiques, c’est-à-dire des particules inférieures à 5 millimètres. C’est vrai en Méditerranée, comme nous l’avions constaté en 2014 lors d’une de nos précédentes expéditions, c’est vrai aussi dans les estuaires de la Tamise, de l’Elbe, du Rhin, de la Seine, de l’Ebre, du Rhône, du Tibre, de la Garonne et de la Loire.

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Jusqu’à présent, on pensait que les cours d’eau charriaient des macrodéchets – une bouteille, un sac –, d’une durée de vie longue, de 100 ans à 400 ans, qui se dégradaient ensuite en mer sous l’effet du soleil et des vagues. Ce n’est pas le cas…”